Respirer par la Bouche : Causes, Risques et Solutions

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Vous arrive-t-il de vous réveiller avec la bouche pâteuse, la gorge sèche et une sensation de fatigue persistante ? Ou peut-être avez-vous remarqué que votre enfant dort systématiquement la bouche ouverte ? Loin d'être une simple manie, la respiration buccale est un signal d'alerte qui mérite toute votre attention. La respiration nasale est la norme physiologique pour une bonne raison : notre nez agit comme un filtre puissant, qui réchauffe, humidifie et purifie l'air avant qu'il n'atteigne nos poumons. Respirer par la bouche court-circuite ce mécanisme de protection et peut, sur le long terme, engendrer une cascade de conséquences sur la santé bucco-dentaire, la croissance du visage et le bien-être général.

Comprendre pourquoi cette habitude s'installe est la première étape pour y remédier. Ce n'est pas une fatalité, et des solutions efficaces existent pour retrouver le chemin d'une respiration saine et fonctionnelle, aussi bien pour les enfants que pour les adultes.

Pourquoi respire-t-on par la bouche ? Les causes fréquentes

La respiration buccale n'est généralement pas un choix, mais une adaptation. Le corps, en quête d'oxygène, choisit la voie la plus simple lorsque le passage nasal est compromis. Identifier la source du problème est donc crucial pour un traitement réussi. On distingue principalement deux grandes familles de causes : les obstructions physiques et les troubles fonctionnels.

L'obstruction nasale : l'ennemi numéro un

Dans la majorité des cas, une obstruction physique empêche l'air de circuler librement par le nez, forçant l'organisme à utiliser la bouche comme voie respiratoire alternative.

  • Hypertrophie des amygdales et des végétations adénoïdes : C'est la cause la plus courante chez les enfants. Ces tissus lymphoïdes, situés au fond de la gorge et à l'arrière du nez, peuvent devenir très volumineux, notamment entre 2 et 6 ans. S'ils bloquent le passage de l'air, ils peuvent imposer une respiration buccale quasi permanente.
  • Allergies et rhinites chroniques : Les allergènes (pollens, acariens, poils d'animaux) ou la pollution peuvent provoquer une inflammation et un gonflement de la muqueuse nasale, entraînant une production persistante de mucus et une congestion chronique.
  • Déviation de la cloison nasale : Qu'elle soit congénitale ou la conséquence d'un traumatisme, une déviation du septum nasal peut réduire significativement le flux d'air dans l'une ou les deux narines.
  • Polypes nasaux ou hypertrophie des cornets : La croissance excessive de tissus à l'intérieur des cavités nasales peut créer des obstacles mécaniques majeurs à la respiration.

Les causes fonctionnelles et habitudes installées

Parfois, même après la levée d'une obstruction, la respiration buccale persiste. Elle est devenue une habitude ancrée, un "mauvais pli" que le corps a du mal à corriger.

  • Le frein de langue restrictif (ankyloglossie) : Un frein de langue trop court ou rigide peut empêcher la langue de se positionner correctement au repos, c'est-à-dire collée contre le palais. Cette position basse de la langue favorise naturellement l'ouverture de la bouche.
  • L'hypotonie musculaire : Une faiblesse générale des muscles des lèvres et des joues (hypotonie oro-faciale) peut rendre difficile le maintien de la bouche fermée au repos.
  • Les habitudes de succion : L'utilisation prolongée de la tétine ou la succion du pouce peuvent déformer le palais et entretenir une mauvaise posture de la langue, favorisant la respiration par la bouche.

Le cercle vicieux de la respiration buccale

Une morphologie faciale particulière (palais étroit) peut entraîner une respiration buccale, qui à son tour va aggraver cette même morphologie. C'est un véritable cercle vicieux : la fonction altère la structure, et la structure déformée empêche le retour à une fonction normale. C'est pourquoi une intervention précoce, notamment chez l'enfant, est fondamentale pour briser ce cycle.

Comment reconnaître un respirateur buccal ? Les signes qui ne trompent pas

Au-delà de la simple observation d'une bouche ouverte au repos ou pendant le sommeil, de nombreux signes physiques et comportementaux permettent d'identifier une respiration buccale chronique.

Les signes visibles sur le visage et dans la bouche

Avec le temps, le mode respiratoire façonne littéralement les traits du visage, surtout pendant la croissance. On parle de "syndrome de la face longue" ou anciennement de "faciès adénoïdien".

  • Un visage allongé et fatigué : L'absence de pression de l'air dans les sinus et le nez entraîne un développement vertical plutôt qu'horizontal du visage.
  • Des traits peu marqués : On observe souvent des pommettes plates, un nez fin, et des cernes prononcés dus à un sommeil de mauvaise qualité.
  • Un menton en retrait (rétrognathie) : La mâchoire inférieure a tendance à se développer vers l'arrière et le bas.
  • Des lèvres entrouvertes et sèches : Les muscles des lèvres sont souvent hypotoniques, et la lèvre supérieure peut paraître courte ou retroussée, exposant parfois les gencives (on parle alors de sourire gingival).

À l'intérieur de la bouche, les conséquences sont tout aussi visibles :

  • Un palais creux et étroit : Le palais ne se développe pas en largeur, car la langue, au lieu de s'y appuyer, reste en position basse.
  • Une malocclusion dentaire : L'étroitesse de la mâchoire supérieure conduit fréquemment à un articulé croisé postérieur (les dents du haut rentrent à l'intérieur de celles du bas) et à un encombrement dentaire.

Les symptômes au quotidien

Les répercussions de la respiration buccale se manifestent également par une série de désagréments quotidiens :

  • Bouche sèche et mauvaise haleine (halitose) : La salive, notre protection naturelle contre les bactéries, s'évapore. Ce milieu sec favorise la prolifération bactérienne, responsable de la mauvaise haleine et d'un risque accru de caries.
  • Gencives enflammées (gingivite) : L'assèchement constant irrite les gencives, qui deviennent rouges, gonflées et peuvent saigner facilement, même avec un bon brossage.
  • Ronflements et sommeil agité : Dormir la bouche ouverte peut provoquer des ronflements, des micro-réveils, voire un syndrome d'apnées obstructives du sommeil (SAHOS).
  • Fatigue chronique et difficultés de concentration : Un sommeil non réparateur entraîne une somnolence durant la journée, des difficultés d'apprentissage chez l'enfant, et des problèmes d'attention.

Les conséquences d'une respiration par la bouche sur la santé globale

Les effets néfastes de la respiration buccale dépassent largement la sphère dentaire. C'est tout l'équilibre du corps qui peut être perturbé.

Impact sur la croissance et la posture

Chez l'enfant, l'enjeu est capital. Une respiration buccale non corrigée entraîne une croissance cranio-faciale dysharmonieuse qui sera bien plus complexe à corriger à l'âge adulte. Mais l'impact ne s'arrête pas là. Pour faciliter le passage de l'air, le corps adopte des postures de compensation :

La tête est souvent projetée vers l'avant et en hyperextension. Cette position modifie l'alignement de la colonne vertébrale, pouvant provoquer une lordose cervicale, des déviations des épaules et des douleurs cervicales ou dorsales. Il existe un lien direct entre la fonction respiratoire, la position de la mâchoire et la posture générale du corps.

Des douleurs à la mâchoire et des troubles de l'articulation temporo-mandibulaire (ATM) sont également fréquemment associés à ce déséquilibre.

Troubles du sommeil et leurs répercussions

Comme nous l'avons vu, la respiration buccale est une cause majeure de troubles respiratoires du sommeil. Un cerveau mal oxygéné et un repos fragmenté ont des conséquences cognitives et comportementales importantes : irritabilité, hyperactivité, difficultés de mémorisation, et même un retard de croissance staturo-pondéral chez l'enfant, car l'hormone de croissance est principalement sécrétée pendant le sommeil profond.

Autres impacts sur la santé

  • Vulnérabilité aux infections ORL : Le nez ne jouant plus son rôle de filtre, les amygdales sont en première ligne pour stopper les virus et bactéries. Elles deviennent sur-sollicitées, grossissent et peuvent devenir elles-mêmes des foyers infectieux, menant à des otites, angines et rhino-sinusites à répétition.
  • Troubles de la parole : Une langue mal positionnée et une hypotonie faciale peuvent causer des troubles de l'articulation (zézaiement, sigmatisme).
  • Troubles alimentaires : La mastication peut être moins efficace, avec une préférence pour les aliments mous. L'odorat et le goût peuvent également être altérés, diminuant le plaisir de manger.

Qualité de vie et respiration

Des études ont montré que les enfants respirateurs buccaux rapportent une qualité de vie significativement inférieure à celle des enfants qui respirent par le nez. Les impacts sur le sommeil, la concentration à l'école, les relations sociales et la santé physique générale sont bien réels et ne doivent pas être sous-estimés.

Comment corriger la respiration buccale ? Vers une approche pluridisciplinaire

La bonne nouvelle est qu'il est possible de corriger la respiration buccale. La clé du succès réside dans une approche globale et coordonnée entre différents professionnels de santé, car il faut à la fois traiter la cause et rééduquer la fonction.

Étape 1 : Identifier et traiter la cause

La première étape est de consulter pour établir un diagnostic précis. Votre médecin traitant ou votre pédiatre pourra vous orienter vers les spécialistes adéquats :

  • Un ORL (Oto-rhino-laryngologiste) : Pour vérifier l'absence d'obstruction physique (amygdales, végétations, déviation de la cloison, etc.) et la traiter si nécessaire (par une chirurgie comme l'amygdalectomie, par exemple).
  • Un allergologue : Pour identifier et gérer d'éventuelles allergies qui entretiennent la congestion nasale.

Étape 2 : Le rôle clé de l'orthodontiste

En tant qu'orthodontiste, je suis souvent en première ligne pour dépister la respiration buccale, notamment lors des premières consultations pour les enfants. Mon rôle est d'agir sur la structure pour permettre à la fonction de se rétablir. Un traitement d'orthodontie pour enfant, appelé aussi orthopédie dento-faciale, peut être décisif.

L'objectif est de corriger les conséquences de la respiration buccale sur les mâchoires :

  • L'expansion palatine : À l'aide d'un appareil spécifique (disjoncteur), nous pouvons élargir en douceur un palais trop étroit. Cette action a un double bénéfice : elle crée de la place pour les dents et, surtout, elle élargit le plancher des fosses nasales, libérant ainsi le passage pour l'air.
  • La correction des malocclusions : En réalignant les dents et en coordonnant les mâchoires, on rétablit un équilibre qui favorise une fermeture correcte de la bouche.

Dans mon cabinet à Paris 8ᵉ, nous disposons de tous les outils de diagnostic sur place, comme la radio panoramique et les empreintes numériques 3D, pour évaluer précisément la situation et proposer le plan de traitement le plus adapté, qu'il s'agisse d'appareils amovibles pour les plus jeunes ou de solutions plus complexes pour les adultes.

Étape 3 : La rééducation : réapprendre à bien respirer

Traiter l'obstruction et corriger la structure est essentiel, mais souvent insuffisant. Il faut ensuite réapprendre au corps à utiliser la bonne voie respiratoire. C'est le domaine de la rééducation fonctionnelle, menée par des kinésithérapeutes maxillo-faciaux ou des orthophonistes/logopèdes.

Le travail se concentre sur :

  • La posture de la langue : Réapprendre à positionner sa langue au palais, au repos et lors de la déglutition. Cela s'éloigne des tendances dangereuses comme le mewing fait sans supervision médicale, pour s'inscrire dans un protocole thérapeutique encadré.
  • Le tonus des lèvres : Renforcer les muscles des lèvres pour assurer une fermeture labiale sans effort au repos.
  • La respiration nasale consciente : Des exercices spécifiques permettent de reprendre l'habitude de respirer par le nez.

Exercice simple à essayer

Un exercice de base consiste en la respiration alternée : bouchez une narine avec votre doigt et inspirez et expirez lentement par l'autre pendant 30 secondes. Changez ensuite de côté. Cela aide à prendre conscience du passage de l'air et à décongestionner en douceur les voies nasales.

Respirer par la bouche est bien plus qu'une mauvaise habitude. C'est un dysfonctionnement aux multiples conséquences qui affecte la santé, l'esthétique du visage et la qualité de vie, particulièrement durant les années de croissance de l'enfant.

Heureusement, ce n'est pas une fatalité. Une prise en charge précoce et pluridisciplinaire permet de traiter efficacement les causes, de corriger les déformations structurelles et de rééduquer la fonction respiratoire. Si vous reconnaissez votre enfant ou vous-même dans les signes décrits, n'attendez pas. Parler à un professionnel de santé est le premier pas vers une solution durable. En tant que spécialiste en orthodontie, je peux vous aider à évaluer la situation et vous guider vers le parcours de soin le plus adapté.

Questions fréquentes sur la respiration buccale

Pourquoi est-il si mauvais de respirer par la bouche ?

Respirer par la bouche contourne les mécanismes de filtration, d'humidification et de réchauffement de l'air assurés par le nez. Cela assèche la bouche, augmentant le risque de caries et de maladies des gencives. À long terme, cela peut altérer la croissance du visage, provoquer des troubles du sommeil comme l'apnée, affecter la posture générale et augmenter la fréquence des infections ORL.

Mon enfant dort la bouche ouverte, dois-je m'inquiéter ?

Oui, c'est un signe qui doit vous alerter. Le sommeil la bouche ouverte chez un enfant est rarement anodin. Il peut indiquer une obstruction (amygdales, végétations) ou un trouble fonctionnel. Une consultation est recommandée pour poser un diagnostic. Plus la prise en charge est précoce, plus il est simple de corriger le problème et d'éviter les conséquences sur sa croissance faciale et sa santé générale.

Quels spécialistes consulter pour un problème de respiration buccale ?

L'approche est souvent pluridisciplinaire. Le parcours de soin peut inclure :

  1. Le médecin traitant ou le pédiatre comme premier interlocuteur.
  2. Un ORL pour diagnostiquer et traiter une éventuelle obstruction physique.
  3. Un orthodontiste pour évaluer et corriger l'impact sur les mâchoires et les dents, surtout chez l'enfant.
  4. Un allergologue si des allergies sont suspectées.
  5. Un kinésithérapeute maxillo-facial ou un orthophoniste pour la rééducation fonctionnelle.

Est-il possible de corriger la respiration buccale à l'âge adulte ?

Oui, il est tout à fait possible de corriger une respiration buccale à l'âge adulte. Le parcours peut être plus complexe que chez un enfant car la croissance est terminée. Le traitement implique souvent une combinaison d'approches : traitement de la cause (chirurgie de la cloison nasale, par exemple), rééducation fonctionnelle intensive pour changer les habitudes ancrées, et parfois un traitement orthodontique pour améliorer l'occlusion et faciliter la fermeture des lèvres.

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Orthodontic Treatment FAQ

What is polishing or stripping?

It is a technique to slightly reduce the thickness of the enamel between the teeth to save space in cases of dental congestion

Restraint: what is it?

Teeth move throughout life despite the alignment achieved following orthodontic treatment. To maintain the result obtained as long as possible, a restraint is put in place: most often the placement of a thread on the inner surface of the front teeth combined with passive aligners to be worn at night.

Is orthodontics reimbursed by social security?

Under the age of 16, orthodontics is partly covered by social security and the mutual insurance company takes over.
After the age of 16, social security does not cover anything and you should ask your mutual insurance company to find out their reimbursement schedule for your contract.
Special feature for cases requiring surgery: social security partially covers 1 semester of orthodontics

Is there an age limit for orthodontic treatment

No, no age limit